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Le samedi 23 septembre 2017

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Où s’en va le mouvement ‘Occupy’ ?

Le mouvement ‘Occupy’ est l’une des bonnes choses qui se soit passé en 2011. Selon Michael C. Behrent, historien et collaborateur au magazine Alternatives Économiques, Occupy Wall Street se situe à la confluence de plusieurs initiatives, dont « Adbusters », qui a lancé l’idée, le « US Days of Rage », qui aurait joué un rôle logistique clé, la communauté des internautes « Anonymous », qui a diffusé l’appel et enfin d’une coalition d’étudiants et de syndicats s’opposant aux réductions budgétaires proposés par le maire Michael Bloomberg (« New Yorkers Against Budget Cuts »), coalition qui venait de terminer une occupation de trois semaines près de l’hôtel de ville de New York. On connaît le résultat : le mouvement s’est répandu dans tous les pays développés, en rejoignant un large auditoire qui appréciait ce nouveau discours contestataire.

Si le mouvement ‘Occupy’ ne proclame pas une idéologie très explicite, il se range toutefois sous la large bannière de l’anti-ultralibéralisme. C’est cette bannière qui fédère les revendications plurielles qu’il a fait fleurir (je vous réfère au billet de Behrent mentionné plus haut pour un bon aperçu de cette pluralité). Le choix de l’occupation était judicieux. Contrairement aux mouvements de droite, tels que le Tea Party, qui sont encouragés et financés par l’oligarchie du 1%, les mouvements spontanés de gauche, ou alternatif, n’ont pas les moyens financiers et les réseaux pour occuper l’espace médiatique. Le mouvement d’occupation leur a donné cette nécessaire visibilité pour commencer à faire contrepoids au discours dominant. Mais après quelques semaines de cette « nouveauté médiatique », il devenait évident que les pratiques d’occupation devenaient de plus en plus contreproductives. Heureusement le mouvement est sorti de son trip de ‘commune’ libertaire et il commence, en certains endroits, à s’engager dans des actions publiques mobilisatrices.

D’abord en octobre, une journée internationale (15 octobre) pour dénoncer les excès de la finance et les inégalités (voir ici l’article du NouvelObs sur cette journée). Aux États-Unis, le mouvement a pris un tournant décisif (peu avant la période des fêtes) en s’engageant clairement du côté des dizaines, voire des centaines de milliers d’Étatsuniens qui font face à la voracité des banques en faisant face à l’expulsion de leur habitation. Occupy Wall Street s’est opposé à un règlement hors cour qui aurait accordé aux banques une immunité sur la question de la vaste fraude des saisies immobilières injustifiées. Des banques et des sous-traitants chargés de la collecte des traites mensuelles auraient employés des « valideurs-robots », des responsables de rang moyen qui auraient signé des milliers d’ordres par mois en affirmant connaître les dossiers, ce qui était faux. « This is a clear, moral issue that cuts to the core of why we occupy. Instead of throwing corrupt bankers in jail, the administration is pushing to give them a get-out-of jail-free card »

Le 6 décembre, le mouvement a fait une « journée d’action sur les saisies » pour protester contre les 5 millions de familles jetées à la rue par les banques et les millions d’autres en voie de l’être. Dans une vingtaine de villes, les activistes du mouvement ont investi plusieurs maisons saisies par les banques. Ils ont commencé à les rénover afin de pouvoir les rendre de nouveau habitables. Cette nouvelle forme de protestation, qui a pris le nom de ‘Occupy Our Homes’, vise à dénoncer les pratiques frauduleuses d’expulsions illégales menées par les banques.

La chose semble avoir inspiré le mouvement Occupy de Londres, puisqu’en bordure du très prospère quartier de la finance à Londres, un immeuble de quatre étages dont le propriétaire est le géant de la finance UBS, a été “occupé” en novembre 2011 par les militants. L’immeuble est maintenant bourdonnant d’activités, avec des ateliers d’arts, des groupes de discussions où l’on débat de tout, depuis les droits des squatteurs jusqu’à la politique d’échanges commerciaux.

C’est heureux que le mouvement s’engage dans de telles actions. Mais comme le signale le président de la CSN, dans une entrevue à L’Aut’Journal « L’indignation doit mener à l’action. Mais pour que celle-ci soit efficace, il faut une organisation. Sinon le bouillon de culture que le mouvement a représenté risque d’être récupéré par la droite. »

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