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Le lundi 06 décembre 2021

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Rio+20 vu du Québec (2) : la dynamique québécoise

D’après nos estimations, une centaine de Québécois se rendront en juin 2012 pour participer aux activités de Rio+20. Le gros des effectifs a été mobilisé et coordonné par le groupe altermondialiste Alternatives. Au début d’avril 2012, Alternatives annonçait qu’une délégation de 77 personnes du Québec allait participer au Sommet des peuples. Cette délégation est issue des mouvements autochtones, syndicaux, communautaires, écologistes et inclut une délégation de jeunes encadré par le YMCA. À ces personnes recrutées sous le parapluie d’Alternatives, il faut ajouter un groupe de jeunes professionnels de l’économie sociale encadré par le Chantier de l’économie sociale (2012) et une délégation d’une quinzaine de jeunes Québécois et Québécoises organisée par le GESQ et l’Association québécoise de coopération internationale (AQOCI). Pour comprendre le sens de la participation québécoise à Rio+20, il est éclairant de revenir sur sept moments clés de la démarche préparatoire dans lesquels les acteurs de l’ESS ont été présents.

Février 2011 : participation québécoise au Forum social mondial de Dakar

Le 9e Forum social mondial (FSM) a eu lieu à Dakar au Sénégal du 6 au 11 février 2011. Une centaine de Québécois y ont participé. Comme dans les rencontres antérieures du FSM, l’ONG Alternatives, en concertation cette fois avec le collectif UNI-Alter et les YMCA du Québec, a joué un rôle clé dans la mobilisation et l’encadrement d’une bonne partie des participants québécois, dont quelques dizaines d’étudiants avec l’appui financier de LOJIQ (Les Offices jeunesse internationaux du Québec) (Plamondon-Emond, 2011). Le FSM de Dakar a joué le rôle de bougie d’allumage pour conférer à divers groupes québécois le goût de participer aux activités de Rio+20 et de s’y préparer adéquatement. Il a permis d’amorcer un rapprochement significatif entre divers réseaux québécois pour entreprendre une démarche commune sur les enjeux de Rio+20 et faire connaître ces enjeux dans la société québécoise.

Le 17 octobre 2011 : Colloque « On change de modèle » organisé par le GESQ

Le 17 octobre 2011, 200 personnes ont participé à un colloque d’une journée sur le thème « On change de modèle ! Contribution de l’ESS aux défis actuels du développement durable » (GESQ, 2011). Ce colloque a été organisé par le GESQ en partenariat étroit avec les Rencontres du Mont-Blanc (RMB) de même qu’avec deux de ses membres, la Caisse d’économie solidaire Desjardins et Fondaction CSN qui sont également membres des RMB. Il s’est tenu en marge du Forum international d’économie sociale et solidaire (FIESS) organisé par le Chantier de l’économie sociale, ce qui a permis à certaines personnes qui venaient à Montréal pour participer au FIESS de participer également au colloque du GESQ. Ce colloque a été planifié et réalisé de manière à constituer un pas décisif en vue de la préparation québécoise de Rio+20. Parmi la vingtaine d’intervenants et intervenantes qui se sont exprimés au cours de la journée dans les quatre panels réalisés en plénière, la majorité provenait des milieux de l’écologie et de l’ESS, favorisant un rapprochement crucial.

Novembre 2011 : La 5e édition des Rencontres du Mont-Blanc à Chamonix

Les Rencontres du Mont-Blanc (RMB) sont organisées par le Forum international des dirigeants de l’économie sociale. Au cours des deux dernières années, une belle complicité s’est développée entre la direction des RMB et les organisations de l’ESS québécoise qui en font partie. C’est ce qui explique la contribution importante de l’ESS québécoise dans la préparation et la réalisation des RMB qui ont eu lieu du 9 au 12 novembre 2012 à Chamonix en France. À ce point que les analyses et propositions qui ressortent de ces 5e RMB à Chamonix s’harmonisent bien avec celles qui avaient émergé un mois auparavant du colloque du 17 octobre 2011 au Québec. Pour s’en rendre compte, il suffit d’examiner « la plateforme des 20 propositions » qui a été adoptée à Chamonix et qui a fourni le contenu de « la lettre aux 193 chefs d’État qui vont participer à Rio+20 »

Du 24 au 29 Janvier 2012 : Participation québécoise au Forum social Porto Alegre

Lors de ce forum social thématique, tenu à Porto Alegre en janvier 2012, la participation québécoise s’est avérée beaucoup plus modeste que celle du Forum social mondial de Dakar dont il a été question plus haut. Toutefois, grâce à la participation de Michel Lambert, directeur général d’Alternatives, les réseaux québécois intéressés par Rio+20 ont pu être bien informés des discussions menées et des décisions prises lors ce forum thématique. Les préparatifs de Rio+20 ont occupé la place centrale dans l’agenda du forum et l’accent a été mis sur la préparation du « Sommet des peuples » dans lequel on prévoit qu’il y aura pas moins de 600 activités spécifiques.

17 Février 2012 : AG spéciale de l’AQOCI

Créée en 1976, l’AQOCI regroupe présentement 65 OCI québécois. Les collaborations entre l’AQOCI et le GESQ se sont intensifiées au cours des deux dernières années dans le contexte des préparatifs de Rio+20, puisque plusieurs membres de l’AQOCI s’intéressent tout autant que le GESQ au potentiel de l’ESS pour s’attaquer aux problèmes environnementaux au Sud comme au Nord. Le 17 février 2012, l’AQOCI tenait une assemblée générale spéciale et, dans le cadre de celle-ci, le point privilégié soumis à la discussion dans l’ordre du jour portait sur un projet d’Agence québécoise de développement international (AQDI) appelé à remplacer l’Agence canadienne de développement international (ACDI) au Québec. Cette proposition dans les milieux québécois et canadiens de la coopération internationale a le mérite d’accélérer une prise de conscience concernant les dangers que rencontre présentement un certain modèle de coopération internationale qui mise sur la réciprocité des rapports Nord-Sud et le soutien à des projets fondés sur les valeurs de l’ESS.

22 avril 2012 : Tenue à Montréal du Grand rassemblement pour le Jour de la Terre

Ce rassemblement, coordonné par Dominic Champagne, a constitué un succès monstre avec la mobilisation de plus de 200 000 personnes. Provenant de tous les milieux, cette manifestation est devenue un appel à la « défense du bien commun bafoué » dans plusieurs projets initiés par les gouvernements de Harper au fédéral et de Charest au provincial. Dans la déclaration préparée pour faire la mobilisation on lit : « Nous affirmons que nous sommes favorables à un développement qui soit viable, qui fasse une large part aux énergies renouvelables, au transport écologique, au commerce équitable, à la revitalisation des régions et à une agriculture durable. » Les Québécois qui ont participé à ce rassemblement se sentaient en communion avec d’autres rassemblements analogues tenus le même jour dans d’autres villes et pays du Nord et du Sud.

26 avril 2012 : Colloque de la Caisse d’économie solidaire et du GESQ sur la transition écologique de l’économie

En fait, le colloque qui a lieu à Joliette le 26 avril 2012 se situe en droite continuité avec le colloque du 17 octobre 2011 et celui des 5e RMB à Chamonix. Les organisateurs sont les mêmes : le GESQ et la Caisse d’économie solidaire Desjardins, en complicité avec la direction des RMB. L’objectif est le même : favoriser un approfondissement et une appropriation plus large de la réflexion sur le thème de la contribution de l’ESS au dépassement de la crise écologique ou encore à « la transition écologique de l’économie ». L’horizon est le même : préparer la participation québécoise à Rio+20. Quatre panélistes ont fait des présentations qui ont alimenté un riche débat avec l’assemblée : Kim Cornelissen, Nancy Caouette, Robert Laplante et Alain Lipietz. Dans un deuxième temps, le GESQ a mis en débat parmi ses membres l’hypothèse d’un éventuel remplacement de l’ACDI par l’AQDI au Québec, dont il a été question plus haut, avec Louise Beaudoin, Françoise David porte-parole de Québec Solidaire et Alexandre Cloutier député du PQ.

Conclusion

En conclusion, on peut affirmer que la démarche préparatoire de Rio+20 menée au Québec par les réseaux de l’ESS en lien avec d’autres réseaux, du moins la démarche animée par le GESQ, s’explique par deux facteurs. En premier lieu, grâce à une plateforme (les propositions issues des Rencontres du Mont-Blanc) qui réconcilie la poursuite d’un projet de société alternative exigeante en appellant des réformes radicales à long terme et l’atterrissage à court terme de cette vision dans des propositions concrètes adressées aux pouvoirs politiques. En deuxième lieu, la plateforme des RMB s’harmonise avec une vision théorique et politique qui se réclame de l’économie plurielle, c’est-à-dire une perspective qui rejoint de facto la position dominante au sein des diverses familles de l’ESS au Québec.

La démarche préparatoire à Rio+20 déployée au Québec ne s’épuisera pas dans la réalisation des activités officielles et parallèles de Rio+20. C’est une démarche qui se continuera après Rio+20. Dans le moment actuel, c’est une démarche qui semble avoir des effets plus grands dans la société civile que dans la société politique. Mais cela ne présage de rien dans un avenir prochain !

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