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Le mercredi 26 janvier 2022

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Mouvement coopératif : ce qui fait bouger les lignes

11 000 personnes aux activités commerciales et festivités liées au congrès de l’Alliance coopérative internationale (ACI) à Manchester

L’Alliance coopérative internationale a tenu son congrès à la fin du mois d’octobre à Manchester. Elle avait décidé d’en faire un événement majeur en invitant plein de monde à y participer. Depuis un événement de portée similaire à Sao Paolo 2006, ce fut une mobilisation sans précédent de 11 000 personnes faite en réalisant une exposition de produits issus d’entreprises coopératives en provenance de 35 pays et la tenue d’un festival. Mais surtout l’ACI a déployé son artillerie de congrès pour discuter d’un plan d’action pour la prochaine décennie et d’un plan stratégique pour les quatre prochaines années (on y reviendra dans un prochain billet lorsque j’en aurai décortiqué le contenu). De plus, c’est dans l’air du temps pour la direction de l’organisation, d’ouvrir un bureau à Bruxelles car c’est là que çà se passe davantage qu’à Genève pour ce qui est de peser sur les politiques publiques européennes. Et un bureau à New-York parce que les politiques des institutions internationales, c’est à l’ONU que çà se passe.

Un Fonds de développement coopératif de $50 millions à l’ACI

La tendance actuelle est à la constitution d’une capitalisation propre au sein du mouvement coopératif tant au plan national qu’au plan international. En soi, c’est une excellente chose. Reste à voir à quelles priorités sera affecté le capital en question. Formellement, l’ACI a annoncé qu’il constituait un fonds de 50 millions $US en disant vouloir l’orienter autour de cinq grands thèmes : participation accrue du membership ; démarche de développement durable intensifiée ; identité coopérative renforcée ; cadre légal plus favorable aux coopératives et augmentation de la capacité de financement des coopératives. Questions majeures : donnera-t-on priorité par exemple au développement coopératif au Sud ? Ou encore va-t-on mettre l’emphase sur les réponses du mouvement à l’urgence écologique ? Dossier à suivre.

Dans cette perspective, l’exemple le plus pertinent nous vient de l’Italie : c’est l’ensemble du mouvement coopératif qui fournit l’assise principale de leur fonds de développement coopératif : 0.8% des bénéfices de chaque entreprise coopérative nourrit ce fonds. Résultat : 30 ans de développement dans le secteur des services de proximité avec les réputées «coopératives sociales» qui ont su se développer à grande échelle : 350 000 emplois dans 11 808 coopératives (chiffres de septembre 2011). Ce qui a supposé une législation coopérative qui a des dents, laquelle s’est modulée au fil des années sur la convergence des trois principales familles politiques au sein du mouvement comme à l’extérieur de celui-ci (les partis) : les socio-chrétiens, les socialistes et les communistes. Pour en comprendre toute la richesse, il faut lire Enzo Pezzini dans le numéro de Vie économique de juin dernier.

À plusieurs égards, cela peut inspirer le mouvement coopératif québécois qui vient tout juste de mettre en branle son projet de fonds de développement coopératif grâce à l’initiative du CQCM : ce sera en 2013 avec un budget de démarrage de $30 millions. Qu’en fera-t-il ? Qui en seront les principaux acteurs ? Et autour de quels grands volets. Cela reste à voir ! Chose certaine, il était temps que le mouvement s’en donne un.

Les Rencontres du Mont-Blanc de 2013 sur les Objectifs de développement du millénaire (OMD)

Les Rencontres du Mont-Blanc (RMB) qui se définissent modestement mais de plus en plus comme un Forum international de dirigeants de l’économie sociale et solidaire tiendront leurs assises de Chamonix en novembre 2013. Les RMB en sont à leur 6e édition. Le sujet traité est d’une grande pertinence : les Objectifs de développement du millénaire (OMD) feront l’objet d’un bilan et d’une perspective d’avenir à définir en 2015. Les RMB se saisissent de cette occasion pour redéployer, dans la foulée de Rio+20, une présence auprès des grandes institutions internationales pour faire connaître les propositions de l’ÉSS. L’intitulé de la rencontre : OMD post-2015 : Changer le cap de la mondialisation avec l’économie sociale et solidaire !

Rappelons qu’au Québec, le fer de lance des RMB est constitué de Fondaction et de la Caisse d’économie solidaire Desjardins qui occupent d’ailleurs des postes de direction au sein de l’association et que, depuis la première édition en 2004, des organisations du mouvement coopératif québécois y participent (CQCM, Desjardins, la Fédérée, DID, SOCODEVI) de même que des organisations comme le GESQ, Équiterre et le Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD).

Un nouveau Sommet international des coopératives en 2014

Desjardins a vraiment dans sa ligne de mire un nouveau sommet en 2014. Malgré quelques ratés, ce premier Sommet a eu un vif succès comme je l’ai analysé dans un billet précédent. On ne pouvait espérer mieux. Dans l’avenir, tout çà représente cependant quelques nouveaux défis de taille: a) en premier lieu le défi de s’attaquer à fond à la transition écologique de l’économie et plus particulièrement là où le mouvement coopératif dispose d’une puissance de feu notamment en matière d’agriculture, de foresterie, d’énergies renouvelables ou de développement durable des territoires ; b) en second lieu, le défi de construire des passerelles solides du mouvement coopératif avec d’autres mouvements à l’échelle québécoise et internationale (les écolos, les agriculteurs, les travailleurs, les femmes) ; c) en troisième lieu, le défi de l’intercoopération, et d’abord celui de la solidarité internationale de proximité entre organisations du Nord et du Sud. Sans compter le nécessaire renforcement de l’ACI pour lui donner plus de force de représentation politique.

Quelques publications récentes sur le mouvement coopératif

Il y a d’abord celle issue directement du Sommet international des coopératives : 44 textes dont une section (la 4e partie) consacrée entièrement à la question de L’influence sociopolitique mondiale des coopératives et des mutuelles. L’ouvrage complet a été dirigé par Marie-Joëlle Brassard et Ernesto Molina, (2012). L’étonnant pouvoir des coopératives. Textes choisis de l’appel international de propositions, Québec, Sommet international des coopératives, 665 p. On clique ici pour sélectionner les articles qui vous intéressent.

Ensuite un ouvrage de l’association des Rencontres du Mont-Blanc (RMB) : L’économie sociale et solidaire, une réponse aux enjeux internationaux sous la direction de Thierry Jeantet.

Puis, un petit ouvrage fait par une petite équipe de jeunes journalistes futés du Journal Ensemble pour le compte du CQCM : Les réponses coopératives et mutualistes aux défis et enjeux des régions du Québec – Tournée des forums régionaux 2012 – Recueil d’articles, cette co-édition du CQCM et du Journal Ensemble est très pertinente pour avoir le pouls des régions. Inconvénient : le CQCM n’y a pas mis du sien car aucune plate-forme commune du mouvement pour assurer le développement économique et social du Québec par ses régions n’y figure. Dommage car la matière était là.

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