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Le mercredi 22 novembre 2017

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La conjoncture ne s’améliore pas

Si on se fie aux analyses d’anticipation du GEAB (voir leur plus récent bulletin), 2013 sera l’année au cours de laquelle on verra se réaliser une gigantesque « apuration » des comptes étatsuniens et mondiaux. Les conséquences de cette apuration sont très difficiles à prédire, mais elle reste la solution incontournable à la crise, compte tenu de l’incapacité des Etats-Unis à mettre en place de vraies stratégies de désendettement.

Mais peu importe, les marchés sont repartis dans une nouvelle exubérance insensée, décrochée de l’économie réelle, qui risque de frapper un mur à court terme. Encore une fois, c’est toute la folie des spéculateurs dont les horizons se mesurent à l’aune des statistiques hebdomadaires, lorsqu’il ne s’agit pas des millièmes de seconde du trading à haute fréquence ! Eux, dont la rémunération se mesure au nombre de transactions, se foutent que leur exubérance débouche sur une croissance des coûts du risque, puisqu’éventuellement ça débouche sur la hausse des coûts de transaction…

Dans les faits, les marchés financiers n’ont plus aucun sens dans la mesure où ce ne sont plus que quelques acteurs monopolistiques qui dictent les lois (en fraudant au passage) et que la finance se résume à une manipulation globale permanente. Mais dans l’économie réelle, celle que nous connaissons vous et moi, il n’y a pas lieu d’être très enthousiaste. Au Canada, l’emploi commence à se contracter et le nombre de mise en chantier plonge de près de 50% en Ontario. Les raisons sont simples : malgré des finances publiques canadiennes en relativement bonne santé (malgré les baisses d’impôt des entreprises), le gouvernement Harper continue à ralentir la croissance en coupant dans les services publics alors que l’Ontario annonce qu’elle va s’engager dans une austérité « à l’européenne ».

Or, justement, la récession s’installe en Europe, plombée par les politiques d’austérité. La France qui s’en était relativement bien tirée jusqu’à maintenant voit la récession s’installer pour 2013 en raison de l’orthodoxie financière du ministre des Finances socialiste. Le Royaume-Uni et l’Espagne replonge eux aussi dans la récession, mais il ne fallait pas être un très grand économiste pour le prédire. Pour le Royaume-Uni, on parle de la pire situation économique depuis la grande dépression des années 1930, voire depuis l’ère pré-victorienne disent certains experts… Comme le FMI, peut-être certains ministres diront, pince-sans-rire de l’humour britannique, qu’ils se sont trompés, que finalement ils ne se doutaient pas que l’austérité sauvage dont ils ont fait preuve allait avoir un tel impact !!!

Pour les États-Unis, la croissance rampante de l’économie est principalement due au fait que les gouvernements (fédéral, États et municipalités) coupent dans les emplois publics. Le ralentissement qui s’est fait sentir au 4e trimestre de 2012, le premier depuis 2009, est le fait de ces pertes d’emplois. Les dépenses gouvernementales ont décru de 15%, principalement en raison de l’enjeu du ‘précipice fiscal’. Or, rien n’a vraiment été réglé. Tout indique que devant la folie insensée des demandes de coupure de dépenses des Républicains, le président Obama devra poursuivre dans cette voie des coupures, ce qui ne pourra que faire chavirer l’économie étatsunienne dans la récession.

Comme je le relevais plus haut, le FMI avait sous-estimé les coûts économiques et sociaux des politiques d’austérité. Selon leur calcul, chaque point de pourcentage de baisse des dépenses publiques devait avoir comme impact une baisse de 0,5% de l’activité économique (du PIB). Or il appert plutôt que l’impact réel serait trois fois plus important : chaque baisse de 1% entraînerait une baisse du PIB de 1,5%. On peut donc facilement imaginer la situation catastrophique que pourrait représenter des coupures trop sévères, tans pour les États-Unis que pour le reste du monde.

Récemment, le P-DG de Honeywell, David Cote, l’un des pdg les mieux payé des États-Unis (37 millions $), dont la firme qu’il dirige ne paie que 2$ d’impôt sur les profits et reçoit 1,7 milliard $ en subvention, affirmait que le gouvernement n’avait pas le choix que de couper dans les dépenses sociales : « So, yeah, there’s some impact but at some point we have to start working to get our debt under control and if this is the only rational step they could seem to take to do it, then they ought to do it. » Ce même individu aurait déjà déclaré qu’il ne devrait pas y avoir d’impôt pour les entreprises…

C’est dans ces conditions que 350 économistes étatsuniens ont envoyé aux membres du Congrès une lettre pour s’opposer à une politique d’austérité à ‘l’européenne’. Mais il serait surprenant qu’ils puissent être entendus par ces fanatiques de l’anti-étatisme qui contrôle la Chambre des représentants et par l’oligarchie qui a la main basse sur les richesses de ce pays.

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