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Le samedi 23 septembre 2017

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Peut-on manifester contre le réchauffement climatique?

L’auteur invité est Jean Pierre Bompard, économiste, ancien directeur de laboratoire à l’INRA, ex-délégué au développement durable CFDT, a été négociateur des « Grenelle » de l’environnement et de la mer.

Après l’échec de DOHA, on a eu droit à de multiples commentaires dont un mérite un vrai débat.

Notre nouveau délégué à l’avenir de la planète, Nicolas Hulot, a déploré sur France 2, l’absence de manifestation de rue contre le réchauffement climatique.

Cette interrogation est légitime et réelle. En général, elle interpelle le mouvement syndical qui a une tradition historique en matière de manifestation.

Mais une manifestation qui réussit doit partir d’une prise de conscience à l’intérieur des entreprises et administrations des conséquences néfastes de telle ou telle mesure. Il en été ainsi sur la dernière réforme des retraites, avec le succès que l’on connait !!!

Si aujourd’hui les gens devaient descendre dans la rue, de nombreux sujets passeraient surement avant le réchauffement climatique, le chômage par exemple ou la pauvreté.
Mais ce n’est pas une raison, les ONG environnementalistes pourraient relayer l’atonie du mouvement syndical sur le sujet.

Mais savent-elles faire ? Non, leur implantation est souvent très faible, beaucoup plus faible que le mouvement syndical en France au moins.

Leurs modes d’action est une combinaison, soit le communiqué, soit l’activisme, soit la position d’oracle. Il ne faut donc pas uniquement incriminée les salariés, mais aussi se poser la question de la position de l’expert dans la prise de conscience des opinions publiques.

Les ONG sont souvent perçues comme un ensemble d’expert loin des réalités de la vie quotidienne, il y a beaucoup d’intelligence dans certaines ONG, mais souvent aucune ne sait faire de l’adhésion, je parle d’adhésion pas de donations.

Il parait selon une petite ONG que cette question fait perdre du temps.

Avec ce genre de raisonnement, on construit une coupure entre le mouvement syndical et les ONG.

Hors il faudrait faire converger les ONG réformiste avec le syndicalisme de réforme, pour l’instant, si l’on sort des déclarations de sommet, il n’y a aucune réalité sur le terrain quotidien.

Le mouvement syndical porte sa part de responsabilité, la RSE a beaucoup de mal à se mettre en place dans un période de crise et les gens extérieurs à l’entreprise n’existe souvent qu’en donneur de leçons ou en tant qu’expert. L’intelligence est nécessaire, mais nettement insuffisante devant les difficultés de la vie quotidienne.

Même la lutte contre la précarité énergétique essentielle ne permet pas les convergences. Je le regrette, mais il faut faire avec, prendre ses convictions et aller sur le terrain, hors des champs médiatiques. C’est un long chemin pour les experts dont je ne suis pas sûr que cela correspond à leur culture, ni à l’heure désir. Mais sans cette reconversion, on aura un écart grandissant entre les « sachants » et les « ignorants », que chacun déplorera.

Donc la balle est dans le camp de chacun des acteurs, y compris les scientifiques.
La coupure est réelle, malgré les efforts de chacun. Il ne sert donc à rien, c’est même contre-productif de renvoyer la balle dans le camp de l’autre, il faut comprendre les fossés.

A cet égard, on attend beaucoup de la lisibilité de l’expertise sur la transition énergétique, les syndicats ne sont pas uniquement des relais, sauf à revenir au vieux temps du centralisme démocratique, ils doivent être partie prenantes des expertises dès le début en amont, comme les statisticiens. Je me souviens en tant qu’ancien membre du bureau du CNIS des discussions sur la mesure des effets des 35 heures, où l’on manquait de données, sauf dans nos brillants modèles macroéconomiques. On manquait de données car le dispositif politique ne prévoyait pas dès le début de construire les données nécessaires à l’évaluation. […]

On sait ce qu’il ne faut pas faire, inventons de nouvelles formes de débat public, la rue pourra alors exister, même si elle n’est pas toujours nécessaire.

Il parait que si la terre votait, il n’y aurait pas eu DOHA, si la terre votait avec ses pieds, car du côté de l’humanité, je ne suis pas sûr des résultats du vote.

Il restera à traiter la question du référendum, je parle de la France, car en Allemagne, la constitution l’interdit, mais le référendum en France est de tradition centralisatrice. Ce n’est donc pas sans risque que l’on joue avec cette possibilité.

Mais de grâce, cessons d’expliquer aux citoyens que si la terre va mal, c’est de leur faute. A chacun d’assumer son histoire.

On verra après les convergences possibles. Aujourd’hui on n’est plus en 2007, on est dans les crises tragiques que l’on connait, c’est plus difficile, mais c’est dans la difficulté que l’on voit les vrais aptitudes à convaincre.

Pour lire le texte original, on va sur le blogue de l’auteur.

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