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Le dimanche 28 novembre 2021

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Subventions aux énergies sales : une nouvelle étude du FMI

La croissance des énergies propres, qui allait bon train ces dernières années, fait maintenant face à plusieurs vents contraire. Pour plusieurs raisons : d’une part les États, en particulier de l’Union européenne, font face à des contraintes financières difficiles, mais surtout à des barrières politiques irrationnelles, dues à l’aveuglement idéologique des décideurs; d’autre part, pour ne rien arranger au problème, on trouve une large coalition des lobbys pétroliers et d’une droite réactionnaire qui s’opposent par tous les moyens possibles aux mesures en faveurs des technologies propres.

En Europe, c’est la Pologne et les courants conservateurs qui font en sorte de bloquer l’augmentation des cibles de réduction des GES et des aides conséquentes aux énergies propres. Les deux sont étroitement liés puisque les mesures de réduction (taxes sur le carbone) doivent permettre de soutenir financièrement le développement des énergies propres. Aux États-Unis ce sont les lobbys et leurs alliés républicains qui mènent le bal contre les mesures mises en place dans les États pour le soutien aux énergies propres. On trouve par exemple 29 États qui ont voté des Renewable Portfolio Standard (RPS) ou des Renewable Energy Standard (RES) qui sont maintenant l’objet d’une attaque systématique des lobbys. Le leader de cette stratégie contre les énergies propres est l’American Legislative Exchange Council (ALEC), financé par les frères multimilliardaires Koch. Comme on peut le constater dans ce billet du Greentechmedia, leur campagne fonctionne puisque dans 22 des 29 États, les programmes d’aide sont gelés.

Ce qui est le pire de l’hypocrisie, c’est que les énergies sales ont elles-mêmes, de tout temps, été les bénéficiaires d’aides de l’État. Comme je le signalais dans un billet l’an passé, les énergies sales seraient, dans certains pays, davantage soutenues financièrement que les énergies renouvelables. Je soulignais que selon les chiffres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), près de 500 milliards $ auraient été dépensés pour soutenir les énergies fossiles dans le monde en 2010. Or, on apprend plutôt, dans une nouvelle étude du Fonds monétaire international, qu’il faudrait plutôt parler de 1 900 milliards $ de mesures de toutes sortes qui soutiennent la production ou la consommation d’énergie fossile à travers le monde. Ce serait l’équivalent de 2,5% du PIB mondial, ou 8% des revenus gouvernementaux globaux. C’est aux États-Unis que la facture globale de ces mesures est la plus élevée (502 milliards $), suivi par la Chine (279 milliards $) et la Russie (116 milliards $).

Le FMI appelle donc à une réforme en profondeur des politiques énergétiques des nations du monde qui permettraient une transition vers un développement économique plus soutenable. Même dans les pays émergents ou en développement, où ces mesures sont supposées aider les populations les plus fragiles, ce sont souvent les plus riches qui en tirent le plus de bénéfices. Pour une vingtaine de ces pays, les subventions représentent plus de 5% du PIB.

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