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Le lundi 06 décembre 2021

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Le créneau des piles pourrait stimuler l’économie québécoise

J’ai déjà écrit quelques billets sur l’importance que pourrait prendre l’industrie de la production des piles au Québec. Dans l’un de ces billets, je dénonçais la perte de contrôle nationale sur l’exploitation du lithium, dont le Québec est l’un des pays bien doté dans cette matière. Heureusement, malgré cela, des initiatives émergent, comme celle récente de Nemaska Lithium.

Je voudrais développer aujourd’hui un peu plus ma réflexion en présentant le potentiel de ce créneau à l’heure actuelle. Selon une étude réalisée par la firme Pike Research, le marché des piles pour véhicule tout électrique (VE) ou hybride branchable (HB) devrait connaître une croissance de 700% d’ici 2017, passant de 2 milliards $ à 14,6 milliards$. Pendant cette période, les coûts d’installation d’une pile dans les véhicules devraient baisser du tiers de ce qu’ils sont à l’heure actuelle. Précisons que leur coût moyen de fabrication a baissé de 30% depuis 2009, dont 14% dans la dernière année.

Le Québec devrait prendre immédiatement l’exemple de la Californie, qui vient de créer un consortium, le CalCharge, pour accélérer le développement d’une grappe dynamique dans le créneau des batteries. La mission de CalCharge est de soutenir le démarrage et la commercialisation des nouvelles technologies dans le domaine des piles en offrant des services techniques et financiers, en s’appuyant en particulier sur les équipements du prestigieux Berkeley Lab’s. Avec une trentaine d’entreprises en démarrage et de grandes entreprises de ce créneau concentrées dans la Bay Area, cette grappe industrielle a permis une éclosion de R&D, débouchant sur plus de 250 brevets au cours des dernières années.

Il faut dire que l’administration Obama y a aussi mis du sien en lançant, dans le cadre de son plan de relance de 2008, son ‘initiative pour stocker l’énergie’ qu’elle voulait à l’origine concentrer dans les États du RustBelt, frappées par la crise, afin de leur donner un nouvel élan et de faire des États-Unis un leader de la VE. L’initiative a débouché en 2010 sur la création du Joint Center for Energy Strorage Research (JCESR) avec un budget de 120 millions $. Ce programme, qui regroupe 14 laboratoires gouvernementaux, universitaires et d’entreprises, vise à ‘révolutionner la performance des piles pour VE’. Même si le programme se concentre sur les piles de VE, il cherche néanmoins à trouver des solutions qui permettraient de répondre aux enjeux de stockage d’énergie pour les nouvelles sources d’énergie renouvelable telles que le solaire et l’éolien, qui sont plus sporadiques que les centrales traditionnelles (p.e. au charbon).

Mais il n’y a pas qu’aux États-Unis qu’on fait des efforts. La Chine va bientôt montrer au reste du monde qu’elle a pris une avance importante dans ce créneau lorsque les VE chinois vont envahir les marchés. La Corée du Sud n’est pas en reste : une équipe de chercheurs travaillent sur une nouvelle pile lithium-ion qui pourrait se recharger de 30 à 120 fois plus rapidement que les piles Lithium-ion actuelles, à la limite avec une pleine charge en moins d’une minute. Ils utiliseraient une solution composée de graphite plutôt que de manganèse, créant ainsi un plus vaste réseau de fil conducteur qui augmenterait la capacité de recharge de la pile.

Nous sommes à la veille d’une révolution technologique majeure dans ce domaine puisque les piles représentent actuellement (comme le moteur à vapeur au début de la première révolution industrielle) un goulot d’étranglement pour développer le nouveau paradigme de la mobilité durable et pour assurer une plus grande fiabilité de la distribution des énergies renouvelables. Des efforts gigantesques vont être menés pour trouver des solutions. Par exemple, certains cherchent des solutions grâce à l’utilisation du titane, du magnésium ou (comme nous l’avons vu plus haut) du graphite dans les piles, des matériaux pour lesquels le Québec a un grand potentiel de développement. On peut donc dire qu’à tout point de vue, avec ses ressources naturelles et ses réseaux de chercheurs dans le domaine, le Québec a le potentiel pour donner naissance à un ou des joueurs de niveau intermédiaire qui pourraient prétendre à devenir dans les prochaines années des ‘challengers’ de l’industrie des piles.

Discussion

Commentaire pour “Le créneau des piles pourrait stimuler l’économie québécoise”

  1. [...] ailleurs, comme je le signalais dans un billet sur le créneau des piles, nous sommes à la veille d’une révolution technologique majeure dans ce domaine puisque les [...]

    Écrit par Oikos Blogue | L’électrification des transports au Québec : la clé de la prospérité et de la lutte au réchauffement | mai 27, 2013, 9 h 24 min

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