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Le dimanche 28 novembre 2021

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Droits humains et du travail violés dans les ateliers de sueur et de misère

Le drame de l’effondrement de l’édifice Rana Plaza, au Bangladesh, où sont morts plus de 1 000 personnes, a remis à l’ordre du jour les conditions de travail des ateliers de sueur et de misère. Alors que les salaires des travailleuses en Chine, suite à des luttes ouvrières, ont commencé à augmenté, on se tourne vers de nouvelles sources, notamment le Bangladesh où le coût de la main-d’œuvre, selon un rapport de l’ONU en 2008, atteignait 22 ¢ l’heure. Une aubaine comparativement aux taux de 86 ¢ à 1,08 $ observés le long de la côte chinoise.

« Cette industrie peut aller où elle veut dans le monde, plus ou moins d’un jour à l’autre, envoyer d’énormes commandes à ce fournisseur plutôt qu’à celui-là », dit un porte-parole du Maquila Solidarity Network (MSN). Mais plusieurs actions sont possibles contre ces pratiques prédatrices des entreprises. La première est celle du mouvement syndical. La Confédération syndicale internationale (CSI) a réagi avec colère au refus persistant des marques internationales de prêt-à-porter d’adhérer à un programme de protection de la sécurité au travail élaboré avec le soutien du mouvement syndical au Bangladesh. La proposition a été préparée en 2011 par des syndicats et des ONG des droits des travailleurs et présentée à des multinationales du secteur comme Wal-Mart, GAP et H&M. Des pressions renouvelées faisant suite à l’incendie de l’usine Tazreen, au Pakistan, en novembre 2012, qui avait fait 122 morts, étaient venues près de déboucher sur un accord avec les entreprises qui se plaignent du coût, selon elles, trop élevé et du fait qu’un tel accord serait légalement contraignant.

Les multinationales du prêt-à-porter ont depuis longtemps préféré s’en tenir aux « audits » d’usines financés par les entreprises, qui se limitent, dans la majorité des cas, à une pure manœuvre de relations publiques. Parmi les exemples les plus évocateurs, celui de la fabrique Ali Enterprises, au Pakistan, qui s’est vu délivrer le certificat de conformité par l’ONG Social Accountability International, l’un des principaux acteurs dans le domaine de la responsabilité sociale d’entreprise, et ce quelques semaines seulement avant l’incendie qui a tué quelque 300 travailleurs en 2012.

Il y a aussi le combat, multiforme, de la consommation responsable. Seul, laissé à lui-même, ce mouvement du « payer c’est voter » reste limité. Mais lorsqu’il vise à s’institutionnaliser dans de nouvelles règles (des législations dans les pays riches et dans les pays en développement) grâce à des collaborations avec le mouvement de la responsabilité sociale des entreprises et le mouvement syndical (comme l’initiative de la CSI mentionnée précédemment), les actions de la consommation responsable sont tout aussi indispensables.

Par exemple, lorsque ces actions débouchent sur des poursuites civiles comme cette plainte pour publicité mensongère et pratique commerciale trompeuse, auprès du parquet de Bobigny (France) le 26 février dernier, déposée par les associations Sherpa, Peuples solidaires et Indecosa-CGT contre la firme sud-coréenne Samsung. En cause : les engagements souscrits par Samsung dans son code de conduite. Or, ils sont en contradiction flagrante avec les conditions de travail dénoncées par une ONG américaine, China Labour Watch, qui a réussi à infiltrer les usines de fournisseurs chinois de Samsung. Ces entreprises sont accusées d’employer des mineurs de 14 ans, d’imposer des journées de 14 à 15 heures, de loger les salariés dans des conditions indécentes, etc. Samsung dément surtout le travail des mineurs et enquête sur le reste des accusations. Fanny Gallois, de Peuples solidaires, estime qu’on « devrait pouvoir attaquer en justice directement les atteintes extraterritoriales aux droits des travailleurs, sans avoir à passer par ce type d’astuces juridiques tirées par les cheveux ».

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