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Le dimanche 28 novembre 2021

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Nouvelles de la finance responsable : semaine du 10 février 2014

Nous savons le rôle que joue la finance dans la vie quotidienne, et en particulier dans les processus de prise de décision des entreprises. Dans les deux dernières décennies, ce rôle a plutôt été néfaste. Depuis peu, cependant, les acteurs du mouvement de la finance responsable commencent à faire en sorte que la protection des valeurs monétaires ne se fassent plus aux dépends des valeurs sociales des épargnants.

La campagne du « billion propre »

Le Clean Trillion, c’est la campagne que l’organisation étatsunienne Ceres (qui regroupe des financiers, syndicalistes, environnementalistes, etc.) vient de lancer à l’occasion du « 2014 Investor Summit on Climate Risk: Financing the Clean Energy Future », chapeauté par les Nations Unies. Lors de ce sommet, le 15 janvier dernier, 500 leaders de la finance ont discuté au siège des Nations Unies de l’urgence croissante d’agir sur les enjeux des changements climatiques et des actions que les investisseurs devraient appliquer pour atténuer les risques économiques croissants. Selon une étude de Bloomberg New Energy Finance, les investissements dans les energies renouvelables se sont élevés à 254 milliards $ en 2013, une baisse de 11% par rapport à 2012. Or, Cres évalue qu’il faudrait investir en moyenne 1 billion $ (1 000 milliards $) par année pendant 36 ans dans les énergies vertes pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles, limite le réchauffement à 2°C et éviter les pires effets des changements climatiques. Le rapport du Ceres « Investing in the Clean Trillion: Closing The Clean Energy Investment Gap » avance 10 recommandations aux investisseurs, dirigeants d’entreprise et de gouvernement pour augmenter les investissements dans les énergies propres.

Guide pour les investisseurs institutionnels : comment réduire le portefeuille carbone

UNEPFI, l’organisation des Nations Unies pour l’environnement travaillant auprès des institutions financières dans une perspective de finance responsable, vient de publier son plus récent guide visant à soutenir les investisseurs institutionnels qui veulent mobiliser leurs ressources intelligemment pour diminuer les émissions de GES des entreprises de leur portefeuille. Le rôle et le poids des grands investisseurs institutionnels n’est plus à démontrer. Par conséquent, nous dit UNEPFI, leur rôle dans le processus de décarbonisation de l’économie ne doit pas être négligé. Le guide en question (Investor Briefing Portfolio) donne les outils pour que ces investisseurs ou leurs gestionnaires affiliés puissent commencer à mesurer, rapporter et réduire les émissions de GES associées à leurs placements et/ou investissements.

Amende de 1,7 milliard d’euros à six grandes banques

Six grandes banques (la Société générale, Deutsche bank, Royal bank of Scotland, JP Morgan, Citigroup et RP Martin) impliquées dans les scandales du « Libor » et de l’ »Euribor » viennent d’être soumises à une amende de 1,7 milliard d’euros, un record pour la Commission européenne. Ensemble, ces banques agissaient comme un cartel, s’entendant sur les taux d’intérêts qu’elles déclaraient pour la détermination de ces deux indices de marché. Il suffisait qu’elles déclarent toutes des taux supérieurs à la réalité pour faire monter l’indice artificiellement, ou inversement des taux bas pour le faire baisser. Pendant trois ans pour l’Euribor, les traders se sont appelés quotidiennement, créant ainsi un préjudice pour les autres banques, mais aussi pour l’économie réelle. Le problème c’est que les banques avaient prévues ces amendes, les ayant déjà provisionnées dans leurs comptes, faisant ainsi en sorte que les amendes restent donc relativement indolores. Pire, affirme Benoît Lallemand, spécialiste des marchés financiers chez Finance Watch, c’est le système lui-même qui crée un confit d’intérêt évident, puisque ce sont les banques elles-mêmes qui fixent le taux dont leurs bénéfices dépendent. Le Commissaire européen Michel Barnier, en charge des services financiers, avance l’idée que le régulateur fixe la valeur des indices sur la base des transactions réelles plutôt que sur des déclarations. Mais ses propositions sont encore en cours de négociation. En même lorsque le Parlement améliore les textes, ils sont ensuite soumis aux modifications du Conseil européen. Or les ministres des Finances ont tendance à davantage écouter les arguments de leurs banquiers nationaux, et à détricoter les projets législatifs européens. Quand ils ne les font pas échouer avant qu’ils sortent, en légiférant nationalement. Au lieu de s’intéresser au volcan qui a créé le tsunami, nous dit le spécialiste, on construit des digues.

La nouvelle Grande Coalition allemande pourrait relancer l’idée de taxe Tobin

Comme on le sait, Angela Merkel n’a pas obtenu la majorité absolue au Parlement allemand et doit discuter avec le SPD. Or, celui-ci a exigé plusieurs mesures, entre autres un salaire minimum national. Il a aussi exigé que l’Allemagne se montre plus audacieuse dans la mise en place de la taxe sur les transactions financières. Le prochain gouvernement de Grande Coalition s’apprêterait donc à relancer le projet, qui a du plomb dans l’aile depuis quelques mois. C’est d’autant plus intéressant que Mme Merkel faisait plutôt partie de ceux qui, dans l’eurozone, freinaient sur ce dossier. Herbert Reul, le négociateur de la CDU (parti de Merkel) pour l’Europe, aurait déclaré : « Ce qui est nouveau, c’est que trois grands partis d’une grande coalition vont mettre cela au programme et le pousser. » Mais selon cet article, ce serait maintenant la France qui branle dans le manche. En juillet, Moscovici (ministre des Finances) aurait parlé, à propos de cette ponction de 0,1% sur les échanges d’actions et d’obligations, et de 0,01% sur les produits dérivés, de mesure ‘excessive’ ! Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, aurait même déclaré : « Je ne pense pas qu’il ait jamais été dans l’intention du gouvernement français de faire quelque chose qui entraînerait la destruction de pans entiers de l’industrie de la finance française, une externalisation massive des emplois et, du même coup, endommagerait l’économie dans son ensemble. » Décidément, le lobby financier a le bras long.

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