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Le jeudi 04 juin 2020

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Carbone et forêt boréale

foret_borealeLorsque nous pensons aux forêts et aux changements climatiques, nous avons automatiquement le réflexe de porter nos regards sur les enjeux de la forêt tropicale dévastée par des coupes de plus en plus importantes. Or, il appert que ce sont plutôt les forêts boréales qui constituent la source la plus importante de séquestration de carbone, même si elles sont habituellement négligées par la communauté scientifique.

Le stock de carbone séquestré est deux fois plus important dans les forêts boréales que dans les forêts tropicales, soit 703 millions de tonnes de CO2 pour les premières contre 375 millions pour les secondes. C’est en effet ce qui est dévoilé dans un rapport de la Canadian Boreal Initiative and Boreal Songbird Initiative. Les territoires couverts par les forêts boréales sont dans les espaces nordiques moins peuplés de la Russie, Scandinavie, Canada et Alaska. Contrairement aux forêts tropicales, où le carbone est stocké dans la végétation, la majeure partie du carbone séquestré par la forêt boréale l’est sous la végétation (sol riche, tourbière).

Jusqu’à maintenant, ce stock de carbone ne représentait pas un enjeu important en raison même de sa situation géographique et de sa valeur économique (par exemple, 30 % de la forêt boréale canadienne est désignée exploitable). Mais avec le réchauffement, l’état de choses va évoluer rapidement. Non seulement la valeur économique du bois de ces forêts va augmenter, ce qui va attiser son potentiel, mais leur valeur écologique va aussi croître considérablement. Selon un rapport de l’association Audubon, le rôle que joue la forêt boréale canadienne pour la biodiversité ne peut que croître à mesure du réchauffement climatique. D’où la nécessité de s’engager dès maintenant dans la protection des écosystèmes de ces territoires.

Or, comme le signale fort justement un autre rapport produit par le Global Forest Watch Canada, c’est moins les activités forestières qui mettent en danger la forêt boréale canadienne que le potentiel minier du Nord. D’ores et déjà, l’exploitation des sables bitumineux dans le nord de l’Alberta aurait dévasté près de 700 Km2 de territoire, libérant ainsi 21 millions de tonnes de carbone sous diverses formes. Ils estiment que l’exploitation complète des sables bitumineux de l’Alberta provoquerait l’émission de 238 millions de tonnes de carbone.

L’enjeu de la protection de la forêt boréale canadienne devrait être aussi crucial que celui des forêts tropicales dans les pays en développement.

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