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Le lundi 08 mars 2021

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Nous étions à deux pas du précipice…

Pour l’année 2009, la chute de l’activité économique de l’Eurozone aurait été de 4 %, du jamais vu depuis la guerre. Dans son dernier livre, qui vient d’être traduit en français sous le titre Le triomphe de la cupidité, Joseph Stiglitz utilise le terme de « chute libre » pour parler de la crise que nous venons de traverser, qui nous a mené à deux pas du précipice de la dépression.

Si la zone euro a enregistré un recul record de 4 % de son activité en 2009, selon les chiffres d’Eurostat, elle a également affiché une croissance plus faible que prévu au 4e trimestre 2009, de 0,1 % comparé au trimestre précédent. Les économistes interrogés par l’agence financière Dow Jones Newswires tablaient sur une croissance plus forte au quatrième trimestre, de 0,3 %, après celle 0,4 % au troisième trimestre.

Pour l’UE (plus vaste que l’Eurozone), le PIB a lui reculé de 4,1 % sur l’ensemble de l’année. L’Allemagne, qui publiait également ses statistiques de croissance la semaine dernière, a quant à elle subi un coup d’arrêt au quatrième trimestre avec une croissance nulle. Sur l’année, la première économie européenne a subi sa pire récession depuis la guerre avec une contraction du PIB de 5 %. Deux fois plus forte que la France.

Le PIB de la France a en effet reculé de 2,2% en 2009, soit la baisse la plus importante depuis la guerre, après une hausse plus importante que prévu de 0,6 % au quatrième trimestre, selon les premiers résultats publiés vendredi 12 février par l’Insee (l’agence française des statistiques). Sur un an, l’emploi a baissé de 2,5 % (-412 000 postes), essentiellement dans l’industrie (-5,6 %), notamment manufacturière (-6,1 % sur un an), selon la même source. « La baisse en glissement annuel de -2,5 % est du jamais vu », a-t-on précisé à l’Insee, dont les séries statistiques annuelles remontent jusqu’en 1994.

Pour les États-Unis, la Maison Blanche serait relativement optimiste pour l’emploi étatsunien à court terme, indiquant que le pays devrait créer de nouveau plus d’emplois qu’ils n’en détruisent d’ici au printemps. Washington table néanmoins sur le maintien d’un taux de chômage structurel élevé, ne devant pas passer sous les 5,2 % d’ici à 2020. « Pour 2010, nous prévoyons une croissance moyenne de l’emploi de 95 000 postes par mois », aurait indiqué à la presse Christina Romer, chef du Conseil des conseillers économiques du président Obama.

Pour longtemps, la folie spéculative des financiers aura des effets négatifs sur les travailleurs étatsuniens. Dans son ouvrage, Stiglitz s’en prend notamment aux pratiques des banquiers (prêts immobiliers à des ménages insolvables, titrisation excessive, politique de rémunération dangereuse…) mais aussi à Barack Obama et à ses principaux conseillers économiques, Timothy Geithner et Lawrence Summers en tête, pour ne pas avoir réussi à réformer le secteur financier qui, mine de rien, s’apprête à franchir un autre pas en direction du précipice…

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