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Le mercredi 22 novembre 2017

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À la défense de la santé des Québécois

L’auteur invité est Bernard Drainville, député de Marie-Victorin et porte-parole du Parti québécois en matière de santé

Deux occasions s’offrent à moi pour réaffirmer la vision et les valeurs du Parti québécois en matière de santé. La première, c’est le dernier budget libéral qui veut instaurer une taxe santé régressive ainsi qu’un ticket modérateur, qui n’est rien d’autre qu’une taxe sur la maladie. La seconde, c’est le colloque réunissant les délégués du PQ qui aura lieu cette fin de semaine, pendant lequel nous réfléchirons sur les politiques sociales.

Non au ticket modérateur

Pour réduire la pression sur le système de santé, le Parti libéral a trouvé sa solution: taxer la maladie afin que les Québécois en viennent à consommer moins de soins. Cette façon de procéder à courte vue dépasse l’entendement. Les citoyens qui, rebiffés par le coût prohibitif des soins de santé, n’iront pas consulter un médecin, aboutiront plus tard à l’urgence, avec des symptômes plus graves, parce que personne n’aura pu les aider plus tôt. Ils attendront plus longtemps et coûteront plus cher au système. Bref, c’est un gros zéro pour ce qui est de l’accès aux soins. Idem pour l’efficacité…

La franchise santé proposée par les libéraux n’est pas la solution. Nous allons la combattre de toutes nos forces, avec tous ceux qui y voient une mesure contraire à la justice sociale et aux valeurs québécoises. Nous nous battrons jusqu’à ce que le gouvernement Charest renonce à ses intentions. S’il persiste, le Parti québécois, lui, prendra ses responsabilités. En fin de semaine, je proposerai d’inscrire dans le programme du Parti l’abolition pure et simple du ticket modérateur si nous formons le prochain gouvernement.

Les solutions

Dans le document de réflexion soumis aux membres du PQ, nous soulevons plusieurs questions et proposons plusieurs pistes de solution pour améliorer notre système de santé.

À court terme, notamment:

- Revoir le rôle des professionnels de la santé. Pourquoi ne pas envisager qu’un pharmacien puisse renouveler certaines prescriptions? Peut-on alléger la tâche des médecins de famille en misant davantage sur les infirmières praticiennes (les «superinfirmières»), notamment en leur permettant de créer des cliniques dirigées par elles, mais en collaboration avec un médecin?

- Développer une vraie politique de soins à domicile. Les gens veulent rester à la maison. C’est un choix humain et économique. Au Québec, il en coûte 969 $ par jour pour maintenir une personne à l’hôpital, 247 $ pour la maintenir dans un CHSLD, et 70 $ pour la maintenir à domicile.

- Réfléchir à l’idée de créer une «caisse vieillesse» contre la perte d’autonomie dans le cadre d’une véritable politique des aînés.

- Informatiser le réseau de la santé. Cela permettrait aux médecins de famille de traiter 20 % plus de patients chaque jour! Qu’attendons-nous pour sortir nos médecins du brassage de papier et leur donner accès à un dossier de santé électronique?

- Envisager un allégement des structures, beaucoup trop lourdes, de notre système de santé. Cet exercice aura comme objectif de rendre le système plus performant, mais surtout plus humain, plus près du citoyen.

Miser sur la prévention

L’autre élément important dont on discutera lors du colloque est lié à la prévention. C’est bien beau de tenter d’inverser la tendance libérale — qui met à mal les principes d’universalité et d’accessibilité aux soins de santé —; il faut aussi proposer une vision différente, axée sur le long terme. Cette vision à long terme ne peut se concrétiser que dans la mise sur pied de programmes de prévention de la maladie. Or, le dernier budget libéral ne comprend rien de particulier sur ce point, qui devrait pourtant être la pierre angulaire de toute amélioration de notre système de santé.

La prévention demeure une façon viable de réduire la pression sur le système en agissant sur la demande de soins. Pas en taxant la maladie, mais bien en contribuant à ce que les Québécois soient beaucoup plus en santé — et en intégrant la notion de responsabilité par rapport à son propre état de santé. Nous l’avons fait pour le tabagisme et les accidents de la route, et les effets sont indéniables. Nous devons maintenant agir sur la mauvaise alimentation et la sédentarité en légiférant, par exemple, sur les quantités de sodium présentes dans la nourriture industrielle et en offrant de généreux crédits d’impôt pour améliorer l’accès à l’activité physique.

Agir maintenant

Bref, contrairement aux libéraux qui, en 2003, promettaient de mettre fin à l’attente en santé dès le lendemain de l’élection, je crois que le PQ devrait s’engager sur le long terme pour que le gouvernement du Québec accompagne la population dans la transformation graduelle de ses habitudes de vie. Qu’on se le dise: l’obésité et le diabète sont de véritables bombes à retardement qui mettront une pression énorme sur notre système de santé d’ici les 20 ou 30 prochaines années. C’est maintenant qu’il faut agir!

Lors du prochain rendez-vous électoral, les enjeux en santé seront clairs. Les Québécois pourront continuer avec les libéraux leur taxe régressive qui pénalise les plus démunis et leur ticket modérateur qui taxe la maladie. Ou bien ils pourront accorder leur confiance au Parti québécois, qui honorera les principes d’universalité et d’accessibilité aux soins de santé, et qui proposera une vision à long terme du système. La bataille ne fait que commencer, mais les camps sont déjà bien définis…

On peut lire le texte complet sur le site du journal Le Devoir

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