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Le vendredi 16 avril 2021

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Pénurie de logements et hausse de loyers

logementL’étude que vient de faire paraître l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) sur le logement nous offre un état des lieux du logement au Québec.

Elle nous apprend que depuis dix ans, et ceci malgré l’apparition sur le marché de nouveaux logements locatifs, le taux d’inoccupation se situe toujours sous le seuil d’équilibre. Le taux d’inoccupation mesure la proportion de logements vacants disponibles pour la location par rapport à l’ensemble du parc locatif. Un marché locatif est considéré équilibré lorsque le taux d’inoccupation atteint 3 %. Sous ce taux, il y a pénurie de logement. Cette dernière a engendré une hausse des loyers depuis l’année 2000. L’augmentation du loyer moyen au Québec en 2009 fut de 3,4%; en 2008, elle était de 2,7 %. Pénurie de logement, crise d’abordabilité, la hausse du chômage ne fait rien pour améliorer la situation : « Non seulement voit-on croître le nombre de Québécois-es n’ayant pas accès à un logement abordable, puisque 35,6 % des locataires consacrent déjà plus de 30 % de leurs revenus pour se loger, mais la montée du chômage fera se détériorer cette situation ».

Le nombre grandissant de constructions de type condominium contribue à alimenter la crise. En 2008, à Montréal, on a assisté à la mise en chantier de 8 280 logements en copropriété contre 4 344 logements locatifs. La SCHL souligne qu’« à l’instar des années précédentes, peu de logements locatifs se sont ajoutés dans le marché et la demande est demeurée forte, grâce à un bilan migratoire soutenu. » Au Québec, 40 % des ménages sont locataires tandis que les logements locatifs ne représentent plus que 23,5 % des mises en chantiers.

Les auteurs mentionnent que «la hausse croissante des loyers a poussé de nombreux locataires à se tourner vers l’achat de condominiums, ce qui semblait leur permettre d’accéder à une propriété pour quelques centaines de dollars de plus par mois. Mais comme la valeur moyenne des logements au Québec a doublé depuis dix ans, passant de 103 947 $ à 208 240 $25, l’endettement des ménages a aussi connu une forte croissance. L’endettement hypothécaire total des ménages canadiens est passé de 395 milliards en 1998 à 776 milliards $ en 2008».

L’IRIS souhaite l’investissement dans la construction locative, prioritairement dans les logements sociaux. En conclusion, l’étude note que loin de se résorber, la pénurie de logement et la crise d’abordabilité deviennent un état permanent du marché locatif québécois. Les loyers augmentent plus rapidement que l’inflation. La construction accrue de condos et la faible construction d’immeubles locatifs participent à cette perpétuation de la crise. Les  programmes de subvention aux locataires et d’accès à la propriété ne constituent pas de réelles solutions. L’argent dépensé par les pouvoirs publics aboutit simplement dans les poches des propriétaires et des promoteurs immobiliers. Construire des logements  sociaux et doter la Régie du logement d’un véritable pouvoir coercitif permettraient de mieux maîtriser le marché.

Source : Note socio-économique : pénurie de logements et hausse de loyers, juin 2009.

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