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Le mercredi 26 janvier 2022

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C’est maintenant fait : l’administration Harper est tombée

L’administration Harper a été la pire que le Canada a connu depuis la fin de la 2e guerre. Malgré le fait qu’elle était minoritaire, nous avons vu cette administration mêlée dans plusieurs cas de favoritisme et de corruption. Imaginez si elle avait été majoritaire. Ce gouvernement ment effrontément au Parlement et à la population. C’est devenu sa manière de faire. Il surveille étroitement ses fonctionnaires et n’hésite pas à écarter ceux et celles qui gène. Ses recours répétés à la prorogation du Parlement est une négation des règles démocratiques. Ces règles ne représentent pour eux que des moyens, parfois des obstacles, pour parvenir à leurs fins : l’établissement d’un régime ultraconservateur, sur le plan social, et ultralibéral, sur le plan économique.

Ce gouvernement est sous l’influence de la droite radicale religieuse qui nous vient de l’Ouest du Canada, et qui s’inspire des mouvements réactionnaires qui ont gangréner le parti Républicain chez nos voisins étatsuniens, qui veut rétablir la loi et l’ordre au pays et s’inscrire dans une vision militariste des relations internationales. Il est aussi sous l’influence du secteur de l’énergie sale qui génère des milliards $ en profit pour un club sélect de puissantes entreprises transnationales. Ce gouvernement prétend être celui qui peut le mieux assurer la stabilité économique. C’est probablement la pire parmi les nombreuses mystifications provenant de ce gouvernement. Il représente plutôt la pire des solutions économiques, celle qui nous plonge dans une insécurité totale pour l’avenir.

Il faut rappeler qu’en décembre 2008, aveuglés par leur idéologie du tout au marché, les conservateurs refusaient obstinément l’idée d’une politique publique d’intervention de l’État pour contrecarrer la spirale de la crise financière. Sans le sursaut salutaire des trois partis d’opposition, qui ont laissé tomber la ligne partisane pour protéger l’intérêt public, le Canada aurait connu une dépression économique extrêmement grave. Mais aujourd’hui, les conservateurs se présentent comme ceux qui ont sauvé l’économie canadienne. Leur supposée priorité porté à l’économie est une belle supercherie, gobée par une population abrutie par le discours dominant insipide de la presse, jamais dénoncée par les journalistes. Ce n’est pas l’économie qui intéresse les conservateurs, c’est l’imposition d’une vision archaïque de la vie économique, qui s’exprime dans la réalité par la poursuite de la mainmise des plus riches sur les richesses économiques. Les conservateurs vont être responsables du plus grand transfert de richesse des classes moyennes et défavorisées vers les groupes les plus favorisés de la société depuis deux générations.

Depuis qu’ils sont au pouvoir, les conservateurs n’ont amélioré aucun des grands programmes sociaux de responsabilité fédérale mais ont mis toute leur énergie à amender le Code criminel et à financer la Défense nationale. Il leur fallait bien faire ça avant de pouvoir réaliser ce qui s’en vient : démolir systématiquement l’État social tel que nous le connaissons depuis 40 ans. Leur budget du 22 mars était une mascarade, juste assez électoraliste pour aller chercher quelques votes, mais suffisamment conservateur pour provoquer les partis d’opposition. La seule chose qu’il faut retenir de ce budget, c’est l’annonce aux partisans conservateurs que les coupures dans l’État s’en viennent – d’au minimum 11 milliards $ – mais qu’il faut faire un dernier effort pour y arriver.

L’orgie de dépenses militaires et sécuritaires de ce gouvernement se fait dans une opacité qui est même dénoncée par le directeur parlementaire du budget, Kevin Page. Le gouvernement cache des données sur les impacts des mesures budgétaires, il donne des contrats militaires colossaux sans appel d’offre – des centaines de milliards de $ dans les prochaines années, voir mon billet sur OikosBlogue -, il ne respecte pas les motions votées au Parlement. La doctrine antiétatique de ce gouvernement l’a conduit à réduire les capacités de l’État à défendre la sécurité publique, comme l’a reconnu Sheila Fraser qui estime que le ministère de la Sécurité publique n’est plus en mesure de répondre efficacement à des situations d’urgence nationale comme une pandémie de grippe ou des désastres naturels.

Avec cette administration, le Canada est devenu le cancre des pays développés dans le domaine des changements climatiques. Il viole ses engagements comme signataire du Protocole de Kyoto. Il a cherché à faire échouer les négociations de Copenhague. Aux yeux de la communauté internationale, le Canada est perçu comme un État voyou. Ce gouvernement est complice du désastre écologique découlant de l’exploitation des sables bitumineux dans les provinces de l’Ouest.

Une autre démonstration du conservatisme réactionnaire de cette administration nous a été donnée lorsque le premier ministre a annoncé qu’il ne respecterait pas la motion adoptée par la Chambre des communes demandant le retour du formulaire long en matière de recensement et ce, même si la motion a reçu l’appui des trois partis d’opposition. Cette mesure populiste, de nature essentiellement idéologique, en dit long sur l’éthique profondément malsaine de ce parti.

Dans ce contexte, je croie que la gauche canadienne est appelée à disparaître comme force politique significative. Étant donné les enjeux en présence, elle devient une force plutôt insignifiante, incapable de se poser en alternative crédible à opposer à un adversaire si dangereux. Il y a quelques années, elle aurait pu créer cette alternative si elle avait eut la vision et le courage de reconnaître dans les forces souverainistes progressistes du Québec un allié pour proposer au ROC l’idée d’un projet d’association avec le Québec. Elle a plutôt choisi de conforter la vision unitaire du ROC sur le dos du Québec. Aujourd’hui, elle ne représente plus un pôle d’avenir pour personne.

Cette élection va probablement déboucher sur une situation nouvelle où le Québec sera dans une position d’extrême faiblesse. Comme lors du vote sur la conscription, en 1942, cette élection débouchera sur deux approches diamétralement opposées d’une vision et d’un projet de société. D’une part, une vision très conservatrice, voire réactionnaire, sur le seuil de devenir majoritaire dans le ROC, qui rejette l’État social pour s’en remettre aux règles de la responsabilité individuelle; d’autre part, une vision plus progressiste, voire solidaire, majoritaire au Québec, qui cherche à concilier libertés individuelles et actions collectives vers de nouvelles règles de responsabilité sociale.

Évidemment, cinq semaines c’est long… Bien des choses peuvent se produire. Mais à voir comment nos médias ont traité les premiers jours de cette campagne, on peut s’attendre que les conservateurs vont dominer l’agenda haut la main.

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