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Le lundi 25 septembre 2017

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Il faut faire la guerre au réchauffement climatique (5)

Dans les billets précédents nous avons vu les propositions provenant d’organisations internationales. Mais ici, comment s’engager dans cette guerre au réchauffement ? Dans un pays gouverné par un premier ministre qui est un abonné aux Prix Fossiles, la guerre est militaire plutôt que climatique. Pourtant, un regroupement d’organismes environnementaux canadiens et québécois – la Coalition du budget vert - ont proposé un ensemble de recommandations prioritaires pour le budget fédéral 2011 qui montrent que des mesures concrètes pourraient permettre de préserver la capacité actuelle de protéger l’environnement, la nature et la santé des Canadiens contre la pollution.

Le document souligne les recommandations prioritaires pour un plan de conservation, l’efficacité énergétique et les ressources en eau douce, ainsi qu’une gamme de mesures et de réforme des subventions, dont les épargnes pourraient financer la plupart des recommandations citées plus tôt. Parmi les propositions formulées, je voudrais souligner celles qui apparaissent plus urgentes.

Efficacité énergétique : remettre de l’argent dans les poches des Canadiens

Le budget vert propose une stratégie nationale de rénovation domiciliaire écologique comprenant un soutien aux personnes à faible revenu. Objectif : augmenter le pourcentage des rénovations de résidences canadiennes à 15 p. cent de l’ensemble d’ici 2015, dont 130 000 résidences de ménages à faible revenu, en investissant 1,25 milliard de dollars sur 5 ans.

L’accès au capital peut représenter un défi permanent pour les projets d’amélioration de l’efficacité énergétique, même lorsqu’il s’agit de projets rentables à moyen et long terme. L’émission de garanties d’emprunt gouvernementales, les « obligations d’énergie verte », permettrait donc de réduire les coûts et les risques liés à l’accès au capital. Objectif : la création d’un fonds de 2,5 milliards de dollars sur 5 ans, dont au moins 100 millions de dollars par année devraient être constitués par des fonds fédéraux. Donc au total des investissements de 1,75 milliard de dollars sur 5 ans.

Les ressources en eau douce du Canada : investir dans la santé, l’emploi et la responsabilité internationale

Le budget vert propose que le Canada canalise ses investissements vers ses ressources en eau douce afin de protéger la santé de la population, créer des emplois, promouvoir l’innovation et sauvegarder ces ressources pour les générations futures. Les domaines d’investissement prioritaires sont les suivants : les infrastructures d’eau douce, la conservation de l’eau par l’étiquetage de produit, nettoyer les secteurs préoccupants (SP) et les zones d’intervention prioritaire (ZIPs) et une protection contre les espèces envahissantes.

Ces mesures représentent des investissements totaux (sur 5 ans) de 1 milliard de dollars de financement existant issu du Fonds Chantiers Canada (FCC) et du Fonds pour l’infrastructure verte (FIV), plus 3,38 milliards de dollars de nouveau financement.

Investir dans l’infrastructure du transport en commun

Le budget vert propose de prioriser le financement du plan de transport en commun régional de Metrolinx pour la région du Grand Toronto et de Hamilton (!!!), où la congestion routière est la plus grave. Les investissements requis : 1,2 milliard de dollars d’investissement additionnel pour le transport en commun national pour 2010-2011, en plus des engagements fédéraux à l’égard du Fonds de la taxe sur l’essence, du Fonds Chantiers Canada et d’autres mécanismes continus. Entre 10 millions et 180 millions de dollars par année pour le manque à gagner consécutif aux modifications à la Loi de l’impôt sur le revenu.

Financement dans les pays en développement

L’Accord de Copenhague de décembre 2009 fixe deux objectifs particuliers pour la fourniture de « financement accru, nouveau et additionnel, prévisible et adéquat » : des pays développés engagés à fournir « des ressources nouvelles et additionnelles […] de l’ordre de 30 milliards de dollars pour la période 2010-2012 »; des pays développés aussi engagés à « mobiliser ensemble 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 […] de diverses sources ». Le ministre de l’Environnement Jim Prentice a annoncé le versement d’une contribution de 400 millions de dollars en 2010, soit environ 4 p. cent des 10 milliards de dollars américains à verser chaque année de 2010 à 2012. La Coalition du budget vert croit que le Canada doit poursuivre sur cette base en fournissant une contribution équivalente de 400 millions de dollars (ou plus) pour 2011 et 2012, puis augmenter cette contribution à partir de 2013.

Finalement, malgré les intentions affichées au départ, le budget vert de la dite coalition n’est pas à la hauteur des enjeux. C’est un budget très « électoral » qui n’ose pas aborder les vrais chiffres. Sur la base de la cible minimale de 1 % du PIB pour les prochaines décennies, c’est d’une moyenne annuelle de 20 milliards $ d’investissement qu’il faudrait plutôt parler pour le Canada. Nous sommes loin du compte. Que cela soit issue des groupes qui sont les leaders de la lutte contre le réchauffement, démontre bien que le Canada part de bien loin dans ce combat.

Dans le prochain numéro, le dernier de cette série, nous aborderons le cas du Québec.

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